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 Dans le bleu de l'absinthe ... {Ryu}

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Ellen O'Brien
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.°•. Iηѕαιѕιѕѕαвℓє ρєтιт poisson

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MessageSujet: Dans le bleu de l'absinthe ... {Ryu} Mar 31 Mai - 1:41

Ellen avait poussé la porte de la chambre de Ryusuke presque instinctivement. Elle cherchait un abri, une issue de secours. Et peut-être aussi quelqu’un sur qui se reposer, même rien qu’un instant. La porte claqua derrière elle et pourtant, malgré l’espoir de voir son visage, de se jeter dans ses bras, honteuse et brisée, la pièce était désespérément vide. Elle le sentit soudain remonter du plus profond d’elle-même, ce cri de douleur si longtemps retenu. Il retentit dans la pièce comme une balle, ricochant contre les murs et lui revenant en écho. Comme elle se sentait seule, une fois encore. Elle se sentait trahie sans l’être, elle se sentait vide sans jamais avoir été pleine d’autre chose que d’espoir et d’amour imbécile. Et pourtant elle pleurait, comme une gamine, elle pleurait le deuil de cet amour mort né dont elle ne verrait jamais la couleur, dont elle ne pourrait plus s’enivrer du doux parfum.

Elle laissa retomber son corps meurtri sur l’un des lits de la chambre, fixant le plafond qui lui semblait onduler sous ses larmes. Elle avait envie de s’arracher le cœur et de le jeter derrière elle pour qu’enfin il cesse de battre si mal, si vite au point de lui donner la nausée. Elle avait soudain perdu tout goût pour la vie et surtout pour l’amour. Finalement, elle les comprenait, ces gens frivoles qui passaient d’une courtisanes à l’autre sans se soucier de sentiments et pour qui l’amour n’était que l’affaire de deux corps et de l’union d’une nuit. D’ailleurs la sensibilité n’est faite que pour nous faire croire que l’amour c’est beau et transcendant, même dans la mort comme dans Roméo et Juliette. Foutaise. Ils sont morts, tout les deux et ça s’arrête là. Ça n’a rien de beau ou de touchant, c’était deux cadavres enlacés, ni plus ni moins.

Ellen avait mal à la tête. Elle les revoyait sans cesse. Bouche contre bouche, lèvres contre lèvres, deux amants pris sur le fait qui n’avait plus qu’à mourir ensemble pour prouver la force de leur amour. C’était écœurant. Et malgré ses efforts, elle n’arrivait pas à penser à autre chose. Elle se sentait enchainée à sa douleur, elle se sentait oppressée par ces murs qui semblaient se rapprocher d’elle pour l’anéantir totalement. Elle avait été envoûtée par un charme divin, celui de ses yeux foncés sur son visage d’ange qu’elle n’arrivait pas à oublier. Son innocence, son parfum, sa sensibilité à fleur de peau… Comment avait-elle pu croire un seul instant que tout cela pouvait être bien réel ? Pauvre petite sirène qui voulait jouer à la princesse de conte de fée, la voilà seule sur son rocher, avec juste ses yeux pour pleurer. Comme c’est déprimant.

S’enfonçant de plus en plus dans le lit qui l’avait accueilli, elle finit par sentir quelque chose de dur dans son dos. Elle se redressa pour passer ses mains sous le matelas. Elle sentit quelque chose de froid. Du verre. C’était une bouteille. Du whisky. Elle ouvrit le bouchon, respirant l’effluve d’alcool qui s’échappait du goulot. Elle fit la grimace. C’était affreusement fort et amère, rien que l’odeur lui soulevait le cœur. Pourtant, cela ne la décourageait pas. Elle voulait un peu de répit, de vide dans sa tête en fusion. Elle porta la bouteille à ses lèvres buvant sans s’arrêter jusqu’à ce que sa gorge lui brûle, ce qui ne mit pas plus de quelques minutes. Le gout était abominable mais dans son corps qui n’avait pas mangé ce soir-là, l’effet fut rapide. Oubliant l’amertume du whisky, elle but encore jusqu’à ne plus pouvoir penser. Alors seulement elle posa la bouteille sur le sol qui resta debout sans savoir comment.

Elle attrapa l’oreiller qui était là, enfouissant son visage à l’intérieur, étouffant un fou rire. Elle avait l’impression d’être sur un bateau et que tout tanguait soudain comme dans une tempête et cela là faisait rire. Puis roulant sur le côté, elle finit par tomber sur le sol s’écorchant la lèvre, et sans pouvoir se relever, elle riait puis se mit à pleurer en même temps qu’elle fredonnait. Dans sa bouche, le goût métallisée de son propre sang éteignait peu à peu le feu du whisky.


-La petite sirène a perdu pied, elle s’est noyée dans l’océan parce qu’elle a bouffé le prince charmant…

Et finalement, au bout de quelques longues minutes, elle finit par s’endormir. Elle serrait encore contre elle cet oreiller qui lui rappelait l’odeur de Ryu.
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